Malte ou le bon usage de tierces parties pour gérer la crise
11 mai 2007
Le piège était bien tendu. Il suffisait de crier au scandale d’Etat au sujet de la croisière de Nicolas Sarkozy. Le caractère réputé impétueux du nouveau Président devait faire le reste : l’autojustification jusqu’à la lie, celle qui inscrit le doute sur le bien-fondé de l’action de celui qui la pratique.
Nicolas Sarkozy n’est donc pas Hervé Gaymard. Il rentre de Malte pour travailler, pas pour se défendre. Il n’est pas non plus VGE: le problème existe , il faut le traiter. C’est le rôle des tierces-parties.
Première salve, Vincent Bolloré, qui se positionne en puissance invitante, citant Léon Blum, Mohammed V, Georges Pompidou. Certains héritiers de Léon Blum protestent : Bolloré publie photos de Blum à Quimper et mot de remerciement manuscrit de ce dernier. 1/0
Deuxième salve, Bernard Tapie qui rappelle que beaucoup de ceux qui poussent aujourd’hui des cris d’indignation étaient hier de grands amateurs de croisières sur le Phocea. KO sans que Nicolas Sarkozy n’ait eu besoin de se mouiller.
Sanction des Français : seule une minorité condamne le voyage à Malte.
Bel exemple, donc, de cordon sanitaire efficace mis en place par des tierces parties pour étouffer une crise.

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14 mai 2007 à 18:35
Ce qui est quand même surprenant c’est que ce break à Malte apparaît comme une erreur de communication trop grosse pour n’être pas volontaire de la part d’un acteur qui a su si bien doser les composants de son image depuis au moins 6 mois. De l’utilisation des grands auteurs jusqu’à l’attitude en retrait lors du débat Sarko-Ségo en passant par la séance photo au Mont St Michel au lendemain de l’investiture…
D’autant que cette évasion jetset fait suite à certains effets d’annonce sur d’autres formats de “retraites” plus politiquement correctes : méditation en monastère, week-end bravache en Corse, pagnolade dans les Alpilles…
Ne pourrait-on pas y voir un choix délibéré de pousser le bouchon assez loin une bonne fois, afin de gagner un espace de liberté sur ce qui a (aura) trait à son style de vie, de permettre de crever l’abcès de façon préventive ?
Une façon aussi de démontrer que les préventions jansénistes à la française quant à l’affichage des signes extérieurs de richesse appartiennent au passé ?
Morale de l’histoire : créons une mini crise homéopathique afin de vacciner l’organisme en prévision de crises plus sérieuses à venir…
15 mai 2007 à 8:56
Cela prouve bien la connivence que le Président entend nouer avec les milieux d’affaires !!
La droite est de retour, les affairistes reviennent !!
15 mai 2007 à 16:58
Il essaie de se donner une image glamour à la Kennedy, avec la femme assise sur le coin du bureau et le mioche sous la table. Malheureusement pour Sarko la gourmette de kennedy était moins grosse et moins toc que la sienne.
Le côté Kennedy cheap a d’ailleurs été confirmé dans le JDD puisque c’est Yves Jégo qui a parlé de “Nouvelle Frontière”. Yves Jégo !!!!!!
15 mai 2007 à 17:28
Soyons sérieux. Les dés sont pipés et la crise ici n’est que d’opérette. Un cas d’école pour première année du Celsa. Et encore. Ça s’appelle l’état de grâce et dans notre belle république, on respecte encore celui qui vient de rafler brillamment la mise. Pour un temps… Mais à trop ignorer les symboles on se prend un jour les pieds dans le tapis. Je quitte le territoire national, je suis un privilégié, tout ceci est-il bien raisonnable ?
15 mai 2007 à 19:24
Bon, une bonne tentative de diversion pour la gauche qui tentera par tous les moyens possibles de masquer ses divisions en attaquant l’adversaire. dans c comat-là tous les coups sont permis y compris les plus bas jusqu’au moment où le masque tombe et où les cadavres ne peuvent plus être cachés sous les tapis…
8 juin 2007 à 13:04
C’est amusant de relire tout ça quelques semaines après… car qu’en reste t’il ? Rien, c’est déjà oublié; certes quand tout ira moins bien ça ressortira pour mieux s’effacer. En fait pour moi c’était aussi volontaire que le Fouquet’s pour tester le jusqu’où je peux aller. La réponse a été claire : où je veux. A partir de là la messe est dite, et il peut se concentrer sur la mise en oeuvre des promesses. C’est un peu comme le jogging dont les spécialistes attestent que l’on a affaire vraiment à un pur amateur, d’ailleurs quelques photos montrant de généreux poignets d’amour sous le tee shirt en sont la preuve. Mais bon, ce qui importe c’est l’image que l’on donne à un instant T et après on passe à autre chose.
S’est-on interrogé aussi chez un homme aussi soucieux de son apprence, de cette obstination à se présenter toujours la veste non boutonnée? Volonté, manque de chic etc. Quelle est la réponse?