Laurence Parisot - de l’art d’ĂȘtre fumasse
16 mai 2007
Le coup de gueule peut ĂȘtre efficace pour limiter la propagation d’une crise dĂšs lors qu’il est entendu comme “ça suffit”.
Celui de Laurence Parisot, hier, produit l’effet contraire. La polĂ©mique est complexe Ă gĂ©rer pour un Medef qui doit dĂ©fendre la capacitĂ© des patrons Ă se rĂ©munĂ©rer dans un pays qui n’a toujours pas fait la paix avec l’argent; complexitĂ© renforcĂ©e par le comportement outrancier de certains dirigeants.
Mais on ne rĂšgle pas la difficultĂ© par la facilitĂ©. En dĂ©but de crise, on ne connait pas en gĂ©nĂ©ral la vĂ©ritĂ© - dans le cas prĂ©sent, on ne sait pas s’il y a eu abus ou s’il s’agit d’un coup de plus pour dĂ©stabiliser EADS- La seule prise de parole qui vaille alors est de dĂ©fendre un principe, sans spĂ©culer sur l’issue de la crise.
La PrĂ©sidente du Medef choisit de stigmatiser au choix les responsables de la rumeur ou les responsables d’EADS. Ce faisant, elle montre avec force la situation de gĂȘne et de faiblesse dans laquelle se trouve son organisation sur le sujet.
Le bon mot “fumasse” est repris partout, mais il est contre-productif. Dommage pour un Medef qui s’Ă©tait bien sorti des piĂšges de la campagne prĂ©sidentielle.

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16 mai 2007 à 10:19
[…] matin, il se fait une amie au MEDEF. Pas de commentaire jusqu’Ă prĂ©sent Laissez un commentaire Flux RSS des commentaires pour […]
20 mai 2007 à 16:09
La sortie de Parisot a aussi une explication politique.Envoyer un message Ă l’ElysĂ©e.Montrer que si le nouveau prĂ©sident fait lĂ©gifĂ©rer sur le sujet, le MEDEF ne sera pas contre .
21 mai 2007 à 16:24
Je pense qu’il faut se mĂ©fier du tellement fameux “problĂšme avec l’argent” des français, c’est un peu une tarte Ă la crĂšme pour masquer de vrais scandales. La prĂ©sidentielle a au contraire montrĂ© que le problĂšme est dans le nivellement des choses, les gens en veulent autant Ă un RMIste qui fraude qu’Ă un type qui plante une boĂźte, 10 000 emplois et qui se barre avec un chĂšque dont le montant est quasi-abstrait.
Le problĂšme de Parisot c’est le problĂšme global de certaines Ă©lites Ă©conomiques qui n’ont que le mot “libertĂ©” Ă la bouche et qui sont les derniers des libĂ©raux. Le libĂ©ralisme Ă l’amĂ©ricaine lie intimement la rĂ©munĂ©ration au risque, principe de base de la finance. L’intĂ©ressement des managers est lĂ pour les inciter Ă se battre pour une boĂźte dont ils ne possĂšdent pas le capital, c’est toute la thĂ©orie de Jensen et Meckling : au lieu d’avoir 15 voitures de fonction, des privilĂšges Ă gogos, on leur file des stocks qui conditionnent le jackpot Ă la rĂ©ussite. En France on a le jackpot sans les risques quand on est un manager professionnel du sĂ©rail. D’oĂč le cĂŽtĂ© fumasse de la dame qui sent bien que ce systĂšme bien sympathique est tout ce qu’il y a de moins libĂ©ral !