Quelques fondamentaux de gestion de crise à l’adresse de François Hollande et de la direction du PS
12 juillet 2007
L’attaque était inattendue, elle est forte et prend chaque semaine une nouvelle direction. Personne, à la direction du PS, ne pouvait imaginer que Nicolas Sarkozy ouvrirait autant, et surtout qu’il continuerait à le faire après les législatives. Personne ne pouvait également imaginer qu’un si grand nombre de personnalités socialistes, exclues du pouvoir par les urnes pour un nouveau quinquennat, seraient prêtes à sacrifier leurs idées aux attraits du pouvoir. Voilà maintenant que l’on donne des interviews au Figaro pour dire tout le bien que l’on pense de l’ouverture dans l’espoir d’obtenir un poste. (Cf Gérard Collomb, Maire de Lyon cette semaine)
Mais ce n’est pas parce que l’attaque est bien montée que l’on doit se défendre maladroitement.
Première idée : on se sort d’une crise que par le haut.
Tenter de répondre coup pour coup aux attaques ne sert généralement qu’à s’enfoncer tant que l’on a pas récupéré la main. C’est le cas tant que François Hollande ne parle que d’exclusion et d’absence de respect de l’opposition. Sortir par le haut, c’est probablement prendre le Président de la République à son propre jeu en lançant une campagne de “noyautage de l’Etat UMP”
Deuxième idée : la vraie question est ailleurs
Le détournement du sujet est souvent une excellente sortie de crise. François Hollande et ses amis devraient se souvenir de Mitterrand et du “réferundum sur le réferundum” en cloture de la crise de l’école libre… Mais la vraie question ce n’est pas une polémique stérile sur l’augmentation de 10% de l’abbatement sur la résidence principale, celà demande un peu plus d’imagination et de travail.
Troisième idée : non, je m’arrête là, je ne vais quand même pas aider le PS…

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12 juillet 2007 à 11:59
La première idée est d’autant plus pertinente que la “crise” du débauchage est loin d’être finie… Elle risque même de virer au feuilleton…
12 juillet 2007 à 12:14
Il ne restera que les meilleurs, ceux qui tiennent et qui résistent ! Les plus jeunes ne sont pas effrayés par la perspective d’une longue, longue cure d’opposition…
12 juillet 2007 à 12:18
Rappelons-nous comment Mitterrand a attiré le centre-droit en 1988 et fait entrer Soissons au Gvt… cela n’a pas empêché l’immense victoire de la droite en 93. Attendons que viennent les vraies réformes (rénovation et “moralisation” de l’économie, et contrat de travail unique) pour juger de l’ampleur de la captation de l’opinion opérée par Nicolas Sarkozy.
12 juillet 2007 à 12:31
laissons passer un peu de temps avant de juger de l’ouverture… il est certain qu’un éléphant a aujourd’hui intérêt à prendre ce qui peut sauver sa carrière face à un horizon bouché au PS…
Moi je reste méfiant face au discours de “l’union des meilleurs au-dessus des partis”, qui risque en cas d’échec de rendre au FN les électeurs qui s’en étaient détournés. Qu’est-ce sinon de la pensée unique??
Et le spectacle affiché par le PS est en effet bien triste, l’appareil n’est pas seul en cause. Le clash entre une ancienne base militante noyautée par les profs et une nouvelle base à 20 euros totalement ségo-naïve et déstructurée ne peut que mettre le parti dans le mur. Si j’étais Valls ou Peillon je ferais beaucoup, beaucoup plus de bruit. C’est maintenant ou jamais pour eux.
12 juillet 2007 à 15:50
Le PS va mourir. Vive le PS. Là, ils sont clairement dans une mauvaise séquence de com…Mais c’est souvent dans les pires crises que l’on se renouvelle vraiment. Cf : un vieil idéogramme chinois qui veut dire crise et en même temps opportunité…
12 juillet 2007 à 16:20
Je ne crois pas du tout à l’argument “au secours c’est le retour du FN!”. Le vote protestataire FN avait justement sa source dans l’incapacité des partis traditionnels à transcander les sectarismes partisans et les chapelles politiques. Je pense que ces électeurs-là sont justement intéressés par la démarche actuelle d’ouverture, qui renouvelle la pratique politique traditionnelle. Je ne qualifierai pas l’épisode Soissons d’”ouverture”… Soissons, c’est Bockel, rien de plus.
12 juillet 2007 à 17:22
moi j’ai vu Nadine Morano défendre Jack Lang sur itélé hier et c’était à mourir de rire.
Jack Lang c’est le mec qui fout un peu la honte à la gauche depuis des années, les gens de droite s’en donnent à coeur joie sur le côté “gauche caviar” et là aujourd’hui, par magie, il devient un expert incontournable du droit constit’… pfff !
Au fait, lisez ça :
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/266716.FR.php
12 juillet 2007 à 18:32
Valéry, en 88, il y avait aussi Durafour pour l’UDF, Jacques Pelletier, Rausch, Durieux, Brice Lalonde, Stoléru et Dorlhac…
“Ouvrez vos yeux ! Vos mains aussi !”
12 juillet 2007 à 18:36
Voici comment le PS peut se refaire une comm :
- changer de nom, en se séparant de “parti” qui ne correspond à l’attente des sympathisants et des électeurs, et de “socialiste” qui est limité, et trop restrictif dans le cadre du bipolarisme.
- faire un congrès type 1905 ou 1971 = refondation par absorption, plateforme commune et leader.
- modifier les instances : institutionnaliser le “shadow cabinet” au sein même du Conseil national pour revaloriser le travail et le mandat parlementaires
- organiser le coup d’Etat des “jeunes” : Valls, Peillon, Hamon, Moscovici, Filipetti, Najat-Belkacem… et même Montebourg s’il le faut.
12 juillet 2007 à 18:38
Non pas Montebourg !!!
13 juillet 2007 à 11:50
La purge de la plupart des éléphants du PS se soldera-t-elle par un renouvellement et un renforcement du parti ou par la mort de celui-ci ?
Je m’interroge…
En tout cas, il est bien trop tôt pour faire des plans même si certaines jeunes pousses travaillent et ont du talent.
Nicolas Sarkozuy engagera certainement des grandes réformes pour la France et il lui faudra certainement un 2ème mandat.
Le PS attendra 2017…(et encore…)
13 juillet 2007 à 15:14
à Romain : c’est plus par habileté politique que Sarko parviendra à repasser en 2012. Côté réformes on nous promettait une rupture, une révolution économique… Et on a quoi? Un paquet fiscal ridicule qui coûte 13 milliards.
Les autres réformes : le service minimum? ouahouu, ça va changer le quotidien des français ça.
Non seulement une supercherie, mais coûteuse de surcroît.
16 juillet 2007 à 19:32
“Decrypt Crise : le blog dans lequel j’analyse les crises qui frappent les entreprises - et la manière dont celles-ci y répondent.” Le PS est-il une entreprise ? J’étais convaincu du contraire. Mais si je le vois apparaître sur ton blog, c’est que je dois m’être trompé.
Les critiques et les plaintes répétées vis à vis de Total et BnP Paribas les mettent-elles en situation de crise ou celles-ci ont-elle bien géré leurs probables errements d’un passé pas si lointain ? Le livre de Xavier Harel: Afrique Pillage à huis clos avec un chapitre BNP Paricibas la monnaie.
17 juillet 2007 à 10:19
cf la réponse de Ph Seguin aux propos de Fillon sur “je veux gérer le gvt comme un conseil d’admin et la France comme une entreprise” : “Il n’y a pas de fusions-acquisitions entre les Etats”. Hé hé.
Remarque on parle bien d’une OPA de Ségolène sur le parti…
17 juillet 2007 à 16:14
Le PS arraché à notre affection… François Hollande est tombé dans le piège grossier tendu par Sarko et se réfugie dans la plus lamentable des oppositions frontales.
mais je dois reconnaître que le garçon est habile. Sincère… On verra… :-D)
Quelle tristesse. D’un autre côté, Bayrou ne s’en sort pas mieux… Trop fort ce Sarko (et pourtant, je ne suis pour rien dans son élection…
Bravo pour ton blog. Je l’ajoute à ma blogroll!
18 juillet 2007 à 10:51
A Bee Human:
Ok pour le PS qui n’est pas une entreprise, mais je crois que les mécanismes de cristallisation de l’opinion en situation sensible sont les mêmes qu’il s’agisse de politique ou d’économie et que les enseignements des réussites ou des ratés des élus sont super importants pour les dirigeants d’entreprise.
23 juillet 2007 à 21:14
OK, je ne faisais que jouer le puriste sur un blog qui n’est pas le mien. Une simple taquinerie de bas étage.
A part cela, une manifestation est prévue de la part de la diaspora congolaise devant le siège de Paribas ce samedi. BNP Paribas étant nommé dans une procédure RICO aux USA et dans l’affaire de pétrole contre nourriture.