Messieurs les organisateurs du Tour de France, n’oubliez pas qu’en crise, seul le courage paye!
26 juillet 2007
J’adore le Tour de France. Mais, depuis 1998, je ne le regarde plus beaucoup, seulement une petite arrivée d’étape de montagne, de temps en temps, en catimini. Parce que j’ai trop l’impression d’avoir été, en tant que fan, complice de cette triche, j’ai refusé de croire que quelques incantations suffiraient à abolir le mal. Certains disent que c’est impossible. Ils ont tort.
J’ai conseillé, ces dernières années, le patron d’une organisation sportive confrontée à un grave scandale de dopage. Comme il s’agissait d’un sport professionnel, les enjeux d’une mise à l’écart de suspects de dopage, tant que les voies de recours n’étaient pas épuisées, étaient financièrement considérables et les avocats des tricheurs nous menaçaient de nous “mettre à poil” si la justice ne parvenait pas, au final, à démontrer leur culpabilité.
J’ai mis moins de trente secondes à convaincre mon client de ne pas céder et de prendre la décision d’exclure immédiatement, et de manière large, tout le microcosme incriminé. Quand je lui ai dit “vous prenez la bonne décision, mais elle vous fait prendre des risques“, il m’a répondu “si j’ai été élu Président, c’est pour défendre mon sport et non pour me protéger“.
C’était juste la décision d’un patron courageux, animé d’un esprit de résistance. Il n’a d’ailleurs jamais été poursuivi par la partie adverse qui, il faut le noter, était conseillée sur le plan médical par des noms que l’on lit ces derniers jours dans le journal…

Posté par 

26 juillet 2007 à 16:20
Apparemment c’est plutôt aux dirigeants de l’UCI qu’il faudrait donner ce conseil… D’après ce que je comprends, les organisateurs du Tour de France n’ont pas les mains totalement libres (juridiquement) pour exclure ou sanctionner une équipe ou un coureur. Ce qui a dû sérieusement compliquer leur position ces derniers jours, même si tout semble rentrer - provisoirement- dans l’ordre maintenant…
30 juillet 2007 à 11:00
J’ai trouvé la communication de la Société du Tour de France bien préparée et plutôt bien tournée ce week-end : d’abord, pour la première fois, on ose assumer la rupture et même la confrontation avec l’UCI, accusée de mettre des bâtons dans les roues de la “lutte contre la suspicion” lancée par les organisateurs. Ensuite on propose des idées pour 2008 (rien de bien nouveau ni de propre à mettre définitivement fin au dopage, mais au moins un signe de volonté d’agir). Enfin, on rappelle (et cela, martelé depuis une bonne semaine déjà) que quoi qu’il arrive sur le front du dopage, le Tour reste un immense succès populaire, que les sponsors ne le lâchent pas, et que les audiences sont au beau fixe : autrement dit, aucune raison d’annoncer la fin du Tour. Les doutes sur le vainqueur sont évacués à travers l’idée d’une “suspicion généralisée” qui aujourd’hui “malheureusement” (et à cause de l’UCI) règne dans le peloton.
Et on est repartis pour 2008…
Cela a au moins le mérite de faire taire les journalistes qui, suivant l’exemple du Monde en 1998 (http://www.humanite.fr/2003-07-28_Sports_Histoire-s-Le-Tour-1998-sauve), se croient légitimes pour réclamer la fin du Tour…
16 août 2007 à 16:24
Je me rappelle dans mon gymnase de collège il y avait une affiche avec Indurain dessus, et quelques chiffres qui ressortaient en gras (une énorme capacité pulmonaire, bla bla bla) - bilan 15 ans après : 3 arrêts cardiaques !
Moi j’ai toujours détesté le cyclisme. Je trouve ça kitsch à souhait et ça me fout le bourdon car ca me rappelle les journées d’été gâchées par la pluie et que l’on passe devant la télé à voir des mecs en collants recouverts de pubs pour des marques qu’on ne connaît pas… Donc bon débarras si on arrête le tour.
Je ne parle même pas de l’aspect ridicule lié au dopage généralisé. Je veux bien que l’on trouve injuste que le vélo soit le seul sport à trinquer, mais c’est un sport de force brute. Dans le tennis j’imagine qu’on se piquouze autant mais il y a encore une place pour le style, la finesse…
20 août 2007 à 18:34
Tu as complètement raison, Yves, l’heure du courage est venue . J’aime trop le Tour pour ne pas attendre de ses responsables qu’ils aient le courage de lancer l’opération “Mains Propres” dont le vélo a besoin. Cela redonnerait au Tour de France son exemplarité et son rayonement. De toutes façons, les sponsors vont l’exiger. Mais comme toujours en crise, il y a aussi la question de l’incarnation.Quelle personalité charismatique peut incarner cette révolution ? Le nouveau patron du Tour en a t il la stature ?
21 août 2007 à 14:26
Est-ce que le problème n’est pas dans l’effacement de la frontière entre “propre” et “pas propre” ? Il y a 10 000 façons de se doper, on parlait récemment du dopage des pauvres (qui se font attraper) et celui des riches… A partir de là, la définition même du dopage est brouillée. Je ne vois pas comment on peut revenir à un concept de “dopage zéro”, d’ailleurs la boutade de Coluche sur la nécessité dans ce cas de les faire partir à Noël pour une arrivée mi-juillet reste d’actualité 20 ans après…
Ce système branlant tient encore debout car les sponsors y trouvent eux-mêmes leur compte. D’ailleurs Festina n’avait pas été mécontente de la pub involontaire autour du dopage de Virenque.
21 août 2007 à 14:46
Moi je propose d’organiser un tdf avec un dopage autorisé. Imaginez chacune des équipes représente un labo pharmaceutique. Premier avantage : on protège la vie des coureurs grâce à un suivi médical de premier ordre (et non comme sous le manteau ou devrai-je dire dans le garage comme c’est le cas aujourd’hui) Deuxième avantage : on répond aux attentes du public qui demande toujours plus de vitesse, de spectacle etc… Trois : c’est l’avénement d’une nouveau genre d’épreuve où est sacré l’effort physique individuel et le génie de la science.
On met ainsi fin à l’hypocrisie généralisée, on protège la vie des cyclistes (qui prennent tous les risques), on redonne un nouveau souffle à une épreuve plus que centennaire qui pennent à trouver un nouveau modéle sportif et financier.
Tout cela n’est qu’imaginaire, mais face à tant de mensonges et d’hypocrisie de la part des sponsorts, organisateurs, coureurs, est-ce si inenvisageable ????????
22 août 2007 à 9:49
En effet la proposition de Vive le dopage est intéressante. Finalement c’est le public qui pousse les coureurs à se doper car ils en demandent toujours plus (plus de vitesse de performance…). C’est pas les coureurs qu’il faut condamner mais le public !
Mais pourquoi les médias font-ils un focus uniquement sur le vélo alors que nous savons que d’autres sports sont touchés par le dopage (atlhétisme, natation avec dernièrement la saga Ian Thorpe !). Ce qui est également intéressant c’est de voir que même dans l’opéra on parle de dopage (voir encadré dans Libération du 21 août)… finalement tout le monde est dopé alors pourquoi en faire tout un plat uniquement dans l’univers du cyclisme ?