Total condamné pour ses erreurs de communication?
16 janvier 2008
C’est officiel depuis cet après-midi, le droit peut être utilisé pour sanctionner les erreurs de communication. En moi, ni le fils de professeur de droit, ni le communiquant ne s’en rejouissent.
Oui Total a commis une faute en 1999 en ne sachant pas gérer, parrallèlement à la question juridique, la responsabilité morale que son statut de marque puissante lui imposait.
Oui Total n’a pas beaucoup mieux fait durant le procès en laissant ses avocats sur le devant de la scène, donnant encore une fois l’impression de ne pas savoir gérer l’opinion.
Ce qui me choque, dans la condamnation prononcée cet après-midi, c’est que ces délits de “maladresse” valent à l’entreprise d’être déclarée responsable de faits dont le simple bon sens l’exonère.
Ce qui me console, c’est que l’adage que je donne souvent “la responsabilité juridique est aussi une affaire de communication” trouve içi toute sa dimension.

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16 janvier 2008 à 22:51
“responsable de faits dont le simple bon sens l’exonère.” Pouvez-vous expliquer cette notion de “bon sens” chez Decryptor???
Il est clair que le contexte actuel n’est pas favorable à Total et je ne fais pas partie de ceux qui pleureront sur cette condamnation. C’est une forme d’écotaxe non?
Demain en faisant le plein de mon scoot à 10 balles le litre je me dirai que j’apporte ma contribtion à cette jolie taxe sur Total. + à Sarkozy bien sûr, qui sait si bien dépenser nos impôts…
17 janvier 2008 à 18:19
Total a été condamné pour “imprudence”, selon le texte du jugement. Il semble difficile de contester cette imprudence, qui perdure évidemment, concernant la légèreté du contrôle que l’on n’ose appeler de qualité entourant le choix des “sous-traitants” responsables du transport maritime final de ses produits pétroliers.
Pour moi, cette “imprudence” relève en fait avant tout de “radinerie”, les choix étant faits en fonction de critères purement financiers, la dimension “socialement responsable” se trouvant toute entière dévolue à la rédaction de quelques pages dans le rapport annuel du groupe.
Cette “radinerie” renvoit elle-même aux erreurs de communication à répétition depuis 1999, qui ont donné l’image d’une société croulant sous l’argent et retardant le plus possible la sortie de quelques billets de son portefeuille pour indemniser, tandis que les plages souillées étaient nettoyées par des…bénévoles.
Comment qualifie-t-on une personne imprudente, pingre et ne sachant pas communiquer? On parle alors généralement de “sale type”. Il n’en va pas autrement pour les entreprises…
28 janvier 2008 à 12:58
Alors que penser de l’appel de la condamnation? J’osais espérer de la compréhension et de l’empathie, mais rien-toujours rien. Heureusement, pour l’opinion publique, une condamnation reste et demeurera une condamnation!