16 mai 2007
Le coup de gueule peut être efficace pour limiter la propagation d’une crise dès lors qu’il est entendu comme “ça suffit”.
Celui de Laurence Parisot, hier, produit l’effet contraire. La polémique est complexe à gérer pour un Medef qui doit défendre la capacité des patrons à se rémunérer dans un pays qui n’a toujours pas fait la paix avec l’argent; complexité renforcée par le comportement outrancier de certains dirigeants.
Mais on ne règle pas la difficulté par la facilité. En début de crise, on ne connait pas en général la vérité - dans le cas présent, on ne sait pas s’il y a eu abus ou s’il s’agit d’un coup de plus pour déstabiliser EADS- La seule prise de parole qui vaille alors est de défendre un principe, sans spéculer sur l’issue de la crise.
La Présidente du Medef choisit de stigmatiser au choix les responsables de la rumeur ou les responsables d’EADS. Ce faisant, elle montre avec force la situation de gêne et de faiblesse dans laquelle se trouve son organisation sur le sujet.
Le bon mot “fumasse” est repris partout, mais il est contre-productif. Dommage pour un Medef qui s’était bien sorti des pièges de la campagne présidentielle.
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11 mai 2007
Je ne sais pas si Paul Wolfowitz est vraiment coupable de favoritisme, je ne sais pas non plus si Ehud Olmert et un incapable ou s’il a été manipulé par son Etat Major.
L’expérience nous montre d’ailleurs que souvent, la réalité est bien plus complexe que celle décrite par une commission d’enquête chargée d’executer sa victime. Mais ce qui est certain, c’est que le microcosme de la Banque Mondiale est persuadé de la culpabilité de Wolfowitz, que les israeliens désavouent massivement Olmert pour incompétence.
Et quand la messe est dite, elle est dite… L’opinion se formate très vite en crise et dès qu’elle est cristallisée, aller à son encontre ne sert qu’à la renforcer - il ne manquerais plus que le coupable me dénie mon droit à analyser la crise!-
En se maintenant coûte que coûte à leurs postes, ils renforcent la présomption de leur culpabilité, alors qu’une démission bien orchestrée permet de sortir le tête haute et de limiter les dégats en faisant baisser la pression.
Mais allez mettre du rationnel dans la tête d’un dirigeant qui se sent blessé…..
Posté par YvesJM dans doctrine
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11 mai 2007
C’est une discussion récente avec notre agence NewYorkaise, lors d’un séminaire de crise destiné à unifier nos pratiques. J’interviens sur l’exigence de transparence en exposant, comme à chaque fois de manière consensuelle en Europe, que ce qui compte avant tout pour une entreprise en crise, c’est de convaincre qu’elle adoptera une attitude de transparence, qu’elle ne craint pas la vérité finale de la crise.
J’ajoute ensuite qu’en faisant celà, l’entreprise en crise s’achète un droit à une parole crédible qu’elle doit utiliser pour développer une stratégie qui ne consiste pas forcément à dire tout ce qu’elle sait, n’importe comment, à n’importe qui. Bref qu’il s’agit avant tout de faire profession de foi de transparence et qu’il ne faut rien cacher qui ne soit pas vital à cacher au risque de créer un sentiment de défiance.
Je m’aperçois alors que je viens de choquer mes amis NewYorkais qui m’exposent que la transparence n’est pas une posture mais une obligation et qu’une entreprise en crise est face aux media comme face à un tribunal et qu’elle ne peut reconstruire la confiance qu’en répondant pleinement à toutes les questions qui lui sont posées. Je les questionne et comprend que celà se passe vraiment comme celà outre-atlantique.
Je forme simplement le voeux que sur ce point ce soit la vieille Europe le précurseur et non le contraire…
Posté par YvesJM dans doctrine
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11 mai 2007
Le piège était bien tendu. Il suffisait de crier au scandale d’Etat au sujet de la croisière de Nicolas Sarkozy. Le caractère réputé impétueux du nouveau Président devait faire le reste : l’autojustification jusqu’à la lie, celle qui inscrit le doute sur le bien-fondé de l’action de celui qui la pratique.
Nicolas Sarkozy n’est donc pas Hervé Gaymard. Il rentre de Malte pour travailler, pas pour se défendre. Il n’est pas non plus VGE: le problème existe , il faut le traiter. C’est le rôle des tierces-parties.
Première salve, Vincent Bolloré, qui se positionne en puissance invitante, citant Léon Blum, Mohammed V, Georges Pompidou. Certains héritiers de Léon Blum protestent : Bolloré publie photos de Blum à Quimper et mot de remerciement manuscrit de ce dernier. 1/0
Deuxième salve, Bernard Tapie qui rappelle que beaucoup de ceux qui poussent aujourd’hui des cris d’indignation étaient hier de grands amateurs de croisières sur le Phocea. KO sans que Nicolas Sarkozy n’ait eu besoin de se mouiller.
Sanction des Français : seule une minorité condamne le voyage à Malte.
Bel exemple, donc, de cordon sanitaire efficace mis en place par des tierces parties pour étouffer une crise.
Posté par YvesJM dans actu
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